Figure incontournable de la scène artistique, Anne Veck revient sur son parcours entre la France et le Royaume-Uni. Entre créativité, engagement et transmission, elle partage une vision de la coiffure à la fois exigeante, inclusive et résolument contemporaine.

Qu’est-ce qui t’a motivée à quitter la France pour t’installer au Royaume-Uni ?
Le désir de voyager et d’apprendre l’anglais m’a poussée à m’installer en Grande-Bretagne. Je voulais découvrir une nouvelle culture, et l’industrie créative britannique s’est toujours démarquée à mes yeux par son audace, son innovation et sa liberté totale.
En quoi ton expérience au Royaume-Uni a-t-elle influencé ta vision de la coiffure et ta créativité ?
Le Royaume-Uni a complètement transformé ma vision de l’artistique. J’ai collaboré avec des professionnels qui créent par pur amour de leur art, ainsi qu’avec des étudiants à qui l’on apprend à bousculer toutes les conventions. Ici, l’énergie est communicative. La coiffure ne connaît pas de limites. Il n’est pas nécessaire de travailler dans un salon branché de Londres pour réaliser des créations radicales. Les gens sont très ouverts aux styles audacieux. Au Royaume-Uni, la différence est célébrée.


Comment as-tu construit ton expertise sur les cheveux afro et les différentes textures capillaires ?
Lorsque j’ai ouvert mon salon il y a 35 ans, une cliente aux cheveux de type 4C est entrée. Je n’avais absolument aucune idée de la manière de travailler cette texture, et j’ai profondément eu honte de devoir la refuser. Au-delà de l’embarras, rejeter une cliente me semblait insensé d’un point de vue commercial.
Peu de temps après, j’ai rencontré Samantha Golding, une brillante propriétaire de salon afro à Birmingham. Nous avons décidé de faire un échange de compétences : elle a formé mon équipe et moi au soin et au coiffage des cheveux texturés, et en retour, j’ai formé son équipe aux techniques de coupe avancées.
Quelle place occupent les cheveux texturés dans ta démarche artistique et professionnelle ?
Les cheveux crépus et texturés sont au cœur de ma vision artistique. C’est une texture qui défie la gravité, offrant une toile infinie pour des formes sculpturales, des créations avant-gardistes et des tresses complexes. Aucune autre texture n’offre cela. Professionnellement, travailler toutes les textures n’est plus une option : c’est la définition même du coiffeur moderne.


Qu’est-ce qui t’a convaincue de collaborer avec la marque Avlon ?
S’associer à Avlon a été une évidence. Leur réputation parle d’elle-même : des produits haute performance, un solide accompagnement des salons et une formation de niveau mondial réunis au même endroit. Ils excellent à tous les niveaux, ce qui en fait le partenaire idéal pour accompagner notre salon dans sa progression.
Selon toi, quelle est la valeur ajoutée d’Avlon pour les professionnels de la coiffure ?
Pour moi, ce qui distingue vraiment Avlon, c’est la qualité de leur formation et le soutien qu’ils apportent aux salons. Honnêtement, cette tranquillité d’esprit à elle seule en vaut la peine : en cas de problème, il y a toujours un technicien au bout du fil pour vous aider.
Quels ont été les points forts de la formation ACE (Avlon Curl Expert), et en quoi a-t-elle enrichi ta pratique ?
C’est une formation profondément scientifique. Elle a transformé mes diagnostics. Je comprends maintenant des phénomènes comme la fatigue hygrale, c’est à dire les dommages causés par une rétention excessive d’eau. J’appréhension beaucoup mieux la différence entre la chute et la casse. La chute est naturelle, reconnaissable au petit bulbe blanc à la racine. La casse, elle, signale un cheveu structurellement endommagé, souvent par des traitements trop agressifs. Comprendre la structure du cheveu selon les origines est la base d’un soin expert. Chaque détail influence directement sa réaction aux traitements. Notre rôle est de repérer les vulnérabilités avant qu’elles causent des dommages irréversibles.
Ce qui différencie un bon coiffeur d’un vrai spécialiste, ce ne sont pas ses outils. C’est la science derrière ses décisions.


Quelles sont, selon toi, les erreurs ou idées reçues les plus fréquentes concernant les cheveux texturés ?
L’idée reçue la plus tenace est de penser que les cheveux texturés volumineux sont robustes et forts. C’est en réalité tout l’inverse : chaque torsion ou courbure de la fibre capillaire constitue un point de fragilité. Parce qu’ils sont délicats, ils doivent être manipulés avec une grande précaution. Sans la bonne technique, on peut facilement causer des dommages importants et de la casse, dès l’étape du shampooing.
As-tu des projets en cours ou à venir en France ?
Oui ! J’ai été invitée à présenter mon travail sur la scène à 360 degrés du MCB cette année, ce qui est extrêmement excitant. Avlon aura également un stand sur place, ce sera une belle opportunité de rencontrer l’équipe française.
Comment perçois-tu aujourd’hui le marché français (par rapport au marché anglais) en matière de connaissance et de prise en charge des cheveux texturés ?
Lorsque je me suis formée en France, la coiffure européenne et la coiffure afro étaient deux mondes complètement parallèles qui ne se croisaient jamais. C’est pourquoi je n’y ai jamais appris à travailler les cheveux texturés. En arrivant au Royaume-Uni, j’ai découvert une intégration beaucoup plus forte entre ces univers, et cela a été une véritable révélation. Ces dernières années, de nombreuses marques ont lancé des gammes pour cheveux texturés, ce qui est un progrès, mais cela a aussi généré une grande quantité d’informations sur les réseaux sociaux. Il devient alors difficile pour les consommateurs de trouver les bons conseils, ceux d’un véritable professionnel.








